Le féminisme musulman en 10 questions, avec Fatima Khemilat

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Fatima Khemilat

Article réalisé pour The Humans magazine 

« Ne nous libérez pas, on s’en charge ! » : tel est le leitmotiv de l’association Lallab, dont la vocation est de faire entendre les voix des femmes musulmanes. En France et dans le monde, en effet, de plus en plus de femmes prennent la parole pour défendre un féminisme musulman, c’est-à-dire ancré dans les réalités croisées de femmes vivant à la fois des discriminations sexistes, racistes et religieuses. Portant un foulard ou non, pieuses ou laïques, elles ont en commun une connaissance aiguë des réalités sociales et une volonté d’informer, de sensibiliser, de rassembler.

Parmi elles, Fatima Khemilat, doctorante à Sciences-Po Aix et conférencière spécialisée dans les politiques publiques de gestion de l’islam en France. Elle évoque avec nous la nécessité du militantisme, les idées reçues sur les femmes et l’islam, et livre ses conseils pour être une bonne alliée auprès des femmes musulmanes.

The Humans : Le féminisme intersectionnel fait de plus en plus parler de lui. En quoi est-ce une notion pertinente pour les femmes musulmanes en particulier ?

Fatima Khemilat : La notion de féminisme intersectionnel n’est pas nouvelle. Le terme « intersectionnalité », inventé par Kimberlé Crenshaw en 1989, commence à peine à vraiment faire sa place dans le paysage universitaire et militant français. Mais ce que recoupe la notion d’intersectionnalité en revanche n’est pas nouveau.

Le black feminism, notamment avec le très beau texte de bell hooks intitulé « Ne suis-je pas une femme ? », met précisément le doigt sur l’impensé qui voudrait qu’il y ait le sexisme d’un côté, et le racisme de l’autre. Que fait-on alors des femmes qui subissent les deux en même temps ?

La même logique s’est imposée dans les milieux féministes et musulmans. Elles subissent a minima une triple oppression : elles sont femmes, elles sont musulmanes dans un contexte où l’islamophobie a été érigée en « racisme respectable » et elles sont pour la plupart racisées (noires, arabes, ou d’Asie du Sud). Lorsqu’elles sont discriminées, il serait artificiel de tenter de distinguer si elles le sont parce qu’elles sont femmes, ou parce qu’elles sont arabes, ou parce qu’elles sont musulmanes ; c’est les trois à la fois.

La notion d’intersectionnalité, c’est simplement l’idée d’imbrication des oppressions, avec la subtilité qu’il ne s’agit pas d’addition mais bien d’articulation.

(…)

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