Un défi royal pour les étudiants

Gracieuseté: Sandrine Bédard-Brisson
Gracieuseté: Sandrine Bédard-Brisson

C’est avec peu de moyens qu’un groupe d’étudiants de l’UdeM a décidé de s’attaquer au classique de la comédie musicale Simba : Le Roi Lion. « On n’a pas le budget de Broadway, mais ça va être époustouflant ! » assure l’étudiant en physique Nicolas Bérubé, qui interprète le rôle de Timon.

C’est la deuxième année qu’une comédie musicale est montée au sein de l’UdeM, indépendamment des troupes officielles de l’institution. Devant le succès obtenu l’année dernière avec L’insolite histoire de Jekyll et Hyde, les initiateurs du projet ont décidé de répéter l’expérience.

La réalisation du projet a été rendue possible grâce au travail et à la créativité des organisateurs.  « On s’attendait à plus d’aide de la part de l’Université, explique l’étudiante en études est-asiatiques et en études cinématographiques Sandrine Bédard-Brisson. Il y a eu beaucoup moins d’encadrement que prévu. Nous avons tout fait nous-mêmes et trouvé nos propres subventions, dont une aide de la FAÉCUM. » En plus d’assumer les rôles d’organisatrice et de responsable des communications, Sandrine incarne sur scène la hyène Banzaï.

La plupart des membres de la troupe font preuve de polyvalence. « Quasiment tout le monde a une double position, et donne un coup de main en fonction de ses compétences : confection des costumes, décors, infographie », souligne Nicolas. Il est d’ailleurs lui-même assistant à la mise en scène. « On a fait beaucoup avec peu de moyens », résume Sandrine.

La distribution réunit des étudiants issus de champs d’études très divers et pour lesquels la musique ou le théâtre n’est pas nécessairement une activité professionnelle. Ils sont tous liés par une même passion : le mythique fauve mis en scène. « Je suis un grand fan du Roi Lion, déclare Nicolas. Je pourrais réciter le film au complet dans ma tête. C’est une chose que je faisais d’ailleurs pendant mes cours de maths plates.»

Le doctorant se dit très agréablement surpris par la qualité de la production pour laquelle la chorégraphe Christiane Jean assume la direction artistique. « J’ai découvert tout un univers de talents, s’enthousiasme-t-il. Tout le monde est bon, il n’y a pas de maillon faible. C’est un spectacle qui mérite vraiment d’être vu, ça va être incroyable. »

Une version plus humaine

Le spectacle promet d’être une version à mi-chemin entre le music-hall de Broadway – avec la présence d’un chœur – et le dessin animé des studios Disney avec des paroles en français. La mise en scène s’inspire largement de ces originaux, mais, comme l’équipe y a apporté sa touche personnelle, les spectateurs peuvent s’attendre à quelques surprises.

Les contraintes matérielles ont également influencé les choix artistiques. « Stylistiquement, il a fallu se poser la question de ce qu’on allait faire avec notre budget », admet Mélanie Johnson Gervais, membre du chœur sous les traits d’une girafe. L’étudiante à la maîtrise en archéologie participe aussi à la fabrication des costumes.

Selon elle, le Roi Lion version UdeM est plus épuré, en particulier en ce qui concerne les accessoires, offrant un visuel « plus adulte, avec moins de toutous ». Des vêtements à motif animal ou illustrant le caractère du personnage ont ainsi été privilégiés, au lieu d’un maquillage et de costumes grandiloquents. Ce parti pris permet aussi de mettre davantage l’accent sur le côté humain des protagonistes de l’histoire, aussi bien esthétiquement que psychologiquement.

Simba : Le Roi Lion s’efforce de retourner aux sources de son inspiration musicale. « Il va y avoir une vibe plus africaine, à travers les chants, les danses, la langue », annonce l’étudiante au baccalauréat en éducation spécialisée Marie Chamberland.

Elle a été séduite par la musicalité du spectacle. « Les harmonies, les voix, tout fonctionne, estime celle qui joue un oiseau au sein du chœur. Le fait de chanter en wolof [un dialecte africain] et d’apprendre des chorégraphies inspirées de rythmes africains constitue un défi. Mais cela en vaut la peine. »

Les membres du chœur sont amenés à chanter et à danser en même temps dans la plupart des scènes. « Les rôles principaux sont les vedettes, mais le chœur a beaucoup de travail, confie Mélanie. Je ne m’attendais tellement pas à quelque chose d’aussi exigeant et d’aussi professionnel. Je crois que le résultat va être encore meilleur qu’on pense. »

Le classique du genre, dont les mélodies popularisées par Disney ont bercé bien des enfants, sera présenté au Centre d’essai les 22, 23 et 24 février prochains.

 

Article par Xuân Ducandas

Publié dans le numéro 11, volume 20 du journal Quartier Libre (rubrique culture/arts de la scène) le 12 février 2013.

http://quartierlibre.ca/un-defi-royal-pour-les-etudiants/

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