Pêche blanche Vieux-Montréal brise la glace

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Chantal Sauvé et son fils Étienne avec leur première prise (crédit photo: Chantal Sauvé)
Chantal Sauvé et son fils Étienne avec leur première prise (crédit photo: Chantal Sauvé)

“Il n’a pas dormi de la nuit tellement il était excité à l’idée de venir ici”, confie Chantal Sauvé en pointant son fils Étienne, 14 ans et passionné de pêche depuis sa plus tendre enfance.

La famille, venue de Terrebonne spécialement pour taquiner le doré et la perchaude du Saint-Laurent, n’est pas la seule à se réjouir de l’initiative de Pêche Blanche Vieux-Montréal.

Le lancement officiel d’un site de pêche sur glace, samedi matin au Vieux Port de Montréal, a en effet suscité l’engouement du public. Pêcheurs du dimanche venus en famille ou en couple, vétérans du hameçon à l’allure conquérante, touristes en quête d’une expérience exotique : il y en avait pour tous les goûts hier dans le bassin du Quai de l’Horloge.

L’atmosphère d’un village de pêche en milieu urbain

L’idée inédite de créer un site de pêche sur glace en pleine ville est venue de Jean Desjardins, guide et mordu de pêche. « Le but est de faire de Montréal un site de pêche quatre saisons. On a voulu recréer l’atmosphère d’un village de pêche blanche, mais en milieu urbain », explique Nathalie Émond, vice-présidente marketing de Pêche Blanche Vieux-Montréal. Selon elle, les Montréalais n’ont pas suffisamment l’occasion de profiter des richesses naturelles de l’île. L’emplacement choisi offre pourtant des conditions idéales: la présence d’un brise-vagues à l’entrée du bassin empêche les courants de s’y engouffrer et favorise ainsi la formation de glace, laquelle est de plus régulièrement arrosée. « Il y a entre 14 et 24 pouces d’épaisseur. C’est très sécuritaire », précise Mme Émond.

Le pari semble en tout cas déjà réussi : l’achalandage a dépassé les attentes des organisateurs, avec plus d’une centaine de personnes présentes hier en fin de matinée. Onze cabanons chauffés ainsi qu’une vingtaine d’abris démontables ont été aménagés pour le confort des usagers, et organisés sous la forme d’un petit village aux panneaux évocateurs : Cabane des mille perchaudes, ou encore Rue de la prise du siècle.

La bonne humeur au bout de l’hameçon

« Je suis très agréablement surpris par la qualité des installations, de la logistique », constate Jean-Guy Côté, professionnel de la pêche et collaborateur pour le webzine Pêche en Ligne. Venue de la Rive Sud pour réaliser un documentaire, son équipe a déjà à son actif une trentaine de prises depuis le début de la matinée.

Environ un quart des spécimens ont pu être conservés, car tout poisson mesurant moins de 37 centimètres doit être relâché. À l’instar de la limite de trois poissons par personne, ce règlement a pour but de préserver l’écosystème local. Une consigne comprise et respectée par les Sauvé, dont la passion pour la pêche est indissociable d’une proximité avec la nature : « On est avant tout des grands amateurs de plein air, déclare Chantal, et on est ravis de pouvoir continuer à pêcher l’hiver ».

Étienne, laissant glisser d’un geste expert son appât au fond du fleuve à travers l’un des trous forés dans la glace, évoque la passion transmise par son grand-père puis son père. En désignant leur première prise avec enthousiasme (un doré noir), l’adolescent affirme qu’il pourra la préparer lui-même, ayant appris l’art délicat de lever les filets. À ce propos, n’est-il pas risqué de consommer les poissons du Saint-Laurent ? Au contraire, rassure Nathalie Émond : « Les dernières prélèvements révèlent que la qualité de l’eau est excellente, bien meilleure qu’il y a dix ans[1]. » La perspective de pêcher son souper semble d’ailleurs n’inquiéter personne : « Je vois tout le monde ressortir avec le sourire, c’est un succès extraordinaire ».

Et même chez les moins chanceux, la bonne humeur reste de mise. Thi-Doan Nguyen, venue avec ses deux jeunes enfants âgés de dix et sept ans, se désole face à sa ligne. Autour d’elle, les cris de joie fusent parmi ses voisins qui immortalisent leurs premières prises. « J’aimerais que ça morde, ça donnerait un sens à ma vie », plaisante la résidente de Montréal. Mais la jeune femme, qui expérimente la pêche sur glace pour la première fois, relativise : « Ce n’est pas grave, les enfants s’amusent beaucoup et moi aussi ».

 Reportage de Xuân Ducandas

Réalisé le 12 janvier 2013 dans le cadre du certificat en journalisme de l’Université de Montréal


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